Reconstruction des écoles en Syrie
Au cœur du projet BUILD d'ADRA
Imaginez une salle de classe prévue pour environ 25 élèves. Maintenant, entassez-y plus de 50 filles. C’est la réalité à laquelle étaient confrontées les familles d’une banlieue de Damas : deux niveaux scolaires se partageaient des salles empruntées, les enfants devaient se serrer à deux par pupitre, tandis qu’une école de filles, située un peu plus loin dans la rue, restait vide car personne n’avait réparé les dégâts à l’intérieur.
C'est en reconstruisant des écoles en Syrie qu'ADRA change la donne. Grâce à un projet intitulé « BUILD », ADRA répare les écoles endommagées par la guerre et permet aux enfants de retrouver des salles de classe sûres et fonctionnelles.
Cet article vous explique en quoi consistent concrètement ces interventions, pourquoi la rénovation d'un bâtiment a des retombées bien plus importantes que vous ne le pensez, et comment votre soutien permet de poursuivre cette action.
Pourquoi les salles de classe syriennes sont-elles bondées ?
Depuis fin 2024, la Syrie est entrée dans une nouvelle ère. Des centaines de milliers de familles qui ont passé des années déplacées, tant à l'intérieur du pays qu'au-delà des frontières, au Liban, en Jordanie et ailleurs, ont commencé à rentrer chez elles.
Pour beaucoup, « chez soi » désigne une ville qui s'est vidée pendant la guerre et qui se repeuple aujourd'hui rapidement. Des écoles qui n'accueillaient autrefois que quelques centaines d'élèves doivent soudainement en accueillir le double.
Selon le UNICEF, plus de 2 millions d'enfants en Syrie ne sont pas scolarisés, et plus de 7 000 écoles ont été endommagées ou détruites. Environ 1,1 million de réfugiés sont rentrés chez eux depuis décembre 2024, et plus de la moitié d'entre eux sont des enfants.
Les bâtiments qui ont résisté sont donc bondés. Dans de nombreuses villes, les écoles organisent désormais deux services par jour, simplement pour pouvoir accueillir tout le monde.
En Syrie, plus de 2 millions d'enfants ne sont pas scolarisés, et plus de 7 000 écoles ont été endommagées ou détruites.
En quoi consiste réellement le projet BUILD ?
Le projet BUILD est une initiative d’ADRA visant à réparer deux écoles endommagées en Syrie et à permettre aux élèves d’y retourner. Il concerne deux écoles situées dans deux gouvernorats, Damas-Campagne et Homs, et prévoit la distribution de kits scolaires et de fournitures à 840 élèves. L’objectif est simple : transformer des bâtiments que les enfants ne peuvent pas utiliser en toute sécurité en écoles pleinement fonctionnelles.
Un bref aperçu des deux établissements :
- École primaire de filles de Saqba, dans la région rurale de Damas. Cet établissement est hors service depuis des années ; il a été pillé et vidé de son contenu pendant la guerre. Ses 610 élèves ont été entassés dans d'autres bâtiments, tandis que leur propre école reste inutilisée.
- École primaire Jobar Al Mshare’, Homs. L'établissement fonctionne encore en partie, mais à peine : il accueille 614 élèves répartis sur deux services quotidiens. Dix de ses 21 salles de classe sont inutilisables, car elles sont dépourvues de portes et de fenêtres.
École primaire pour filles de Saqba, dans la campagne de Damas
Prenons l'exemple de Saqba, une localité de la campagne de Damas. Son école primaire pour filles est hors service depuis des années ; elle a été pillée et saccagée pendant la guerre.
Les filles ont donc dû se rabattre ailleurs, s'entassant dans le lycée de garçons à plus de 50 par salle.
ADRA a entamé les travaux de réparation ici le 12 janvier 2026. Le bâtiment n'a subi que des dégâts structurels mineurs, ce qui signifie qu'il pourra rouvrir relativement rapidement. Une fois réouvert, des centaines de filles retrouveront leur école, ce qui permettra par la même occasion de réduire la surpopulation dans l'établissement voisin.
École primaire Jobar Al Mshare', Homs
À environ 15 kilomètres de Homs, Jobar Al Mshare’ présente une situation similaire, mais encore plus dramatique. L'école compte 21 salles de classe réparties sur trois étages. Dix d'entre elles sont inutilisables, dépourvues de portes et de fenêtres.
Avant le retour progressif des familles, l'établissement fonctionnait en une seule tranche horaire pour environ 250 enfants. Aujourd'hui, il fonctionne en deux tranches horaires pour 614 élèves, parmi lesquels figurent des enfants des villages voisins et des élèves plus âgés suivant des cours de rattrapage conçus pour couvrir deux années scolaires en une seule.
Et puis, il y a la question de l'heure. La deuxième équipe termine à 16 h 30. En hiver, il fait déjà presque nuit à cette heure-là. Les étages supérieurs sont endommagés, et certaines fenêtres n'ont ni vitre ni cadre.
Pour un parent, laisser son enfant entrer dans ce bâtiment à la tombée de la nuit représente un réel danger, et c’est le genre de danger qui pousse les filles à rester chez elles pour de bon.
ADRA prévoyait de commencer les travaux ici le 1er février 2026, une fois la procédure d'attribution des marchés terminée.
Pourquoi la rénovation des bâtiments permet de maintenir les enfants à l'école
La plupart des reportages sur les écoles syriennes se contentent de citer un chiffre : des millions d’enfants non scolarisés. La question la plus difficile est de savoir ce qui permet réellement de les ramener à l’école. Et la réponse réside en grande partie dans les locaux eux-mêmes.
C'est grâce à un bâtiment sûr et entièrement aménagé qu'une école surpeuplée peut passer de deux services à un seul.
Ce simple changement met fin aux sorties après la tombée de la nuit. Il permet de remédier à la surfréquentation qui oblige 50 enfants à se serrer dans une salle prévue pour un nombre bien moindre. Réparez le toit, les fenêtres, l’installation électrique et les prises, et vous aurez éliminé les raisons mêmes qui poussent une famille à estimer que l’école ne vaut pas le risque cette année.
Sur le papier, ce travail se présente sous la forme d'une liste de tâches. Dans la pratique, chaque ligne permet de lever un obstacle :
- Réparations structurelles, nouvelles portes, fenêtres et ferronneries. C'est ce qui permet de pouvoir à nouveau pénétrer en toute sécurité dans un bâtiment saccagé et à ciel ouvert. Tant qu'il n'est pas scellé et solidement consolidé, rien d'autre n'a d'importance.
- Une installation photovoltaïque. Lorsque le réseau électrique n'est pas fiable, l'énergie solaire permet d'assurer l'éclairage, y compris pour la deuxième session qui a lieu en fin d'après-midi. C'est ce qui fait la différence entre une école fonctionnelle et une école plongée dans l'obscurité.
- Réseaux d'eau, d'assainissement et d'électricité, ainsi que des installations WASH adaptées. Des sanitaires propres et en bon état de fonctionnement constituent un facteur déterminant pour que les filles, en particulier, restent scolarisées. Si on néglige cet aspect, l’assiduité diminue progressivement.
- Mobilier, bureaux et aménagements adaptés aux élèves en situation de handicap. Une pièce rénovée n'est pas vraiment utilisable tant que les enfants n'ont pas de place pour s'asseoir et que tous ne peuvent pas passer la porte.
- Des trousses scolaires et des fournitures pour 840 élèves. Une fois les bâtiments prêts, les enfants disposent des conditions de base nécessaires pour vraiment apprendre, et pas seulement d'une salle où s'asseoir.
ADRA a déjà mené ce type d'action en Syrie
Ce n'est pas la première école qu'ADRA construit dans le pays. Après le séisme de 2023 qui a frappé la Turquie et la Syrie, ADRA a reconstruit et rénové des écoles et des logements pour les familles qui avaient tout perdu ou presque, notamment une école qui accueille aujourd’hui plus de 1 000 élèves. Grâce à des années de travail sur le terrain, ADRA connaît déjà les organisations locales, les comités régionaux et les entrepreneurs, ce qui explique en partie pourquoi le projet BUILD a pu passer de la phase d’évaluation à celle de construction en l’espace de quelques mois.
ADRA gère le programme BUILD en étroite collaboration avec le ministère syrien de l’Éducation, les municipalités locales et les comités communautaires. Un numéro d’assistance dédié aux réclamations est imprimé sur des cartes et affiché sur des banderoles sur chaque site, afin que les familles puissent signaler directement les problèmes. Ce n’est pas une mince affaire. C’est cette responsabilisation qui fait qu’une simple réparation ponctuelle se transforme en une école à laquelle la communauté accorde véritablement sa confiance.
C'est la responsabilisation qui transforme une simple réparation ponctuelle en une école et une communauté véritablement fiducies.
Vous pouvez contribuer à la reconstruction d'une salle de classe en Syrie
La reconstruction des écoles en Syrie ne se résume pas au béton et à la peinture. Il s’agit pour une fillette de Saqba de retrouver sa propre salle de classe, et pour un enfant de Homs de rentrer de l’école à pied avant la tombée de la nuit. Le projet BUILD d’ADRA transforme deux bâtiments endommagés et à moitié vides en lieux où des centaines d’enfants peuvent à nouveau apprendre en toute sécurité, et s’inscrit dans le cadre d’un engagement qu’ADRA tient en Syrie depuis des années.
Vous pouvez participer à la suite des événements. A don ponctuel cela aide, et Devenir donateur mensuel c'est d'autant plus utile que c'est grâce à un soutien constant que ce projet peut se poursuivre, école après école. Vous souhaitez d'abord avoir une vue d'ensemble ? La page « Éducation » d'ADRA vous montre à quoi servent vos dons.
Quelque part en Syrie, une salle de classe remise en état est sur le point de se remplir d'enfants. Vous pouvez contribuer à ce que la prochaine le soit aussi.
Questions fréquemment posées
En quoi consiste le projet BUILD d'ADRA en Syrie ?
BUILD est le projet d’ADRA visant à réparer deux écoles endommagées par la guerre en Syrie, dans la campagne de Damas et à Homs, et à fournir des kits scolaires et des fournitures à 840 élèves. Les travaux comprennent des réparations structurelles, l’installation de systèmes d’énergie solaire, d’alimentation en eau et d’électricité, la fourniture de mobilier ainsi que la mise en place d’aménagements adaptés, afin que les enfants puissent retourner dans des salles de classe sûres.
Pourquoi les écoles en Syrie sont-elles si surpeuplées en ce moment ?
Depuis fin 2024, des centaines de milliers de familles déplacées sont rentrées chez elles. Les villes qui s'étaient vidées pendant la guerre se repeuplent rapidement, si bien que les écoles qui ont résisté aux combats accueillent désormais bien plus d'élèves que ce pour quoi elles avaient été conçues. Beaucoup organisent deux services par jour simplement pour pouvoir accueillir tout le monde.
En quoi la reconstruction d'une école aide-t-elle les enfants au-delà de la salle de classe ?
Un établissement scolaire achevé et sûr permet à une école surpeuplée de revenir à un seul service au lieu de deux. Cela met fin aux sorties après la tombée de la nuit, réduit la surfréquentation et dissipe les craintes en matière de sécurité qui empêchent certaines familles, en particulier celles ayant des filles, d’y envoyer leurs enfants. Le bâtiment fait partie intégrante de l’éducation elle-même.
Comment puis-je contribuer à la reconstruction des écoles en Syrie ?
Vous pouvez soutenir l'action d'ADRA en faveur de l'éducation en faisant un don ponctuel ou par Devenir donateur mensuel grâce au programme « Angels » d’ADRA. Les dons mensuels sont réguliers, ce qui aide ADRA à planifier des projets à long terme, comme la rénovation d’écoles. Chaque don contribue à permettre aux enfants de retourner dans des salles de classe sûres.
Auteur | ADRA International en collaboration avec ADRA Syrie
Crédit photo | ADRA Syrie