{"id":6238,"date":"2016-06-14T18:01:42","date_gmt":"2016-06-14T18:01:42","guid":{"rendered":"https:\/\/adra.org\/?p=6238"},"modified":"2026-04-01T20:24:23","modified_gmt":"2026-04-01T20:24:23","slug":"jordan-help-those-in-need","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/adra.org\/fr\/jordan-help-those-in-need","title":{"rendered":"Jordanie : un Irakien raconte comment il s'est joint \u00e0 la cause d'ADRA pour aider les personnes dans le besoin"},"content":{"rendered":"<p>Fahad, 24 ans, est un traducteur d'ADRA en Irak. Sa famille a quitt\u00e9 le pays lorsqu'il avait 14 ans.<\/p>\n<p>\u201cThere was no electricity and no water. I go out and see dead people, I see bombs. I was in school when a bomb fell nearby and blew out the windows of the school. It takes you a few seconds to realize what is happening. I was young and thought this was normal. Cartoons were only on television for 20 minutes a day. If you put a satellite dish on your house, they would arrest you. On my birthday, men came to arrest my father, but I pleaded with them and he just paid a fine.\u201d<\/p>\n<p>L'un des oncles de Fahad a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par des agents de Saddam sous les yeux de son p\u00e8re. Il raconte que son p\u00e8re a port\u00e9 le corps de son fr\u00e8re et que, depuis, il n'est plus normal et devient tr\u00e8s vite nerveux.<\/p>\n<p>Les autres fr\u00e8res et s\u0153urs de son p\u00e8re, cinq fr\u00e8res et quatre s\u0153urs, ont fui l'Irak sous le r\u00e9gime de Saddam, cherchant refuge dans des pays du monde entier. Son p\u00e8re est rest\u00e9 \u201cparce qu'il aimait sa famille\u201d, mais ils ont fini par partir eux aussi.<\/p>\n<p>Fahad et sa famille ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en Jordanie. Fahad ne s'y est jamais senti heureux. Il avait l'impression qu'en tant qu'Irakien, il n'\u00e9tait pas le bienvenu et ne pensait pas pouvoir y avoir un avenir. Sa grand-m\u00e8re \u00e9tait serbe, ce qui lui donnait droit \u00e0 un passeport serbe. Il a donc quitt\u00e9 sa famille en Jordanie et s'est rendu en Serbie par ses propres moyens.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, les temps \u00e9taient durs. Il a commenc\u00e9 par travailler dans une station de lavage de voitures, par un temps si froid que la neige lui arrivait \u00e0 la taille et qu'il ne sentait plus ses doigts. Puis il a trouv\u00e9 un emploi dans une station de radio et la vie a commenc\u00e9 \u00e0 s'am\u00e9liorer. Au bout d'un an et demi, sa famille l'a rejoint en Serbie. Il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler comme courtier et est devenu chef d'\u00e9quipe du bureau arabe. Puis les r\u00e9fugi\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 arriver en Serbie et on lui a propos\u00e9 de rejoindre ADRA Serbie.<\/p>\n<p>\u201cAu d\u00e9but, j'avais peur de quitter mon emploi, mais je pensais \u00e0 ces personnes qui avaient besoin de moi et \u00e0 la mani\u00e8re dont je pouvais \u00eatre plus utile dans ce r\u00f4le.\u201d<\/p>\n<p>Il a travaill\u00e9 pendant un certain temps \u00e0 Presevo, puis, lorsque la route des Balkans a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e, on lui a demand\u00e9 d'aller en Gr\u00e8ce pour y apporter son aide.<\/p>\n<p>\u201cLorsque j'ai quitt\u00e9 la Serbie, j'ai pleur\u00e9 - c'est mon pays et j'ai le sentiment d'appartenir \u00e0 la Serbie. Lorsque je sors, j'ai le m\u00eame sentiment que lorsque j'ai quitt\u00e9 l'Irak : j'ai peur de ne jamais revenir. Mais c'est mon peuple et il a besoin de mon aide.<\/p>\n<p>\u201cJe me sens le c\u0153ur tr\u00e8s, tr\u00e8s ouvert. C'est mon premier travail o\u00f9 je peux vraiment faire quelque chose pour mon pays, l'Irak. Je suis tr\u00e8s fi\u00e8re de mon pays, de son histoire. M\u00eame si j'ai l'impression d'appartenir davantage \u00e0 la Serbie, l'Irak est mon c\u00f4t\u00e9 familial.\u201d<\/p>\n<p>Fahad a un lien particulier avec les enfants r\u00e9fugi\u00e9s, qui viennent en masse vers lui d\u00e8s qu'il arrive dans un camp et ne le quittent jamais. Il lui est donc difficile de les voir souffrir. Il a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9mu par Sana, une fillette yazidie de 7 ans, dont la jambe a \u00e9t\u00e9 gravement br\u00fbl\u00e9e lorsqu'une th\u00e9i\u00e8re s'est renvers\u00e9e. La blessure ne cicatrisant pas, Fahad l'a emmen\u00e9e \u00e0 l'h\u00f4pital pour qu'elle y soit soign\u00e9e.<\/p>\n<p>\u201cElle est tr\u00e8s jeune mais tr\u00e8s forte. Elle sait qu'elle s'est br\u00fbl\u00e9 la jambe, mais elle marchait dessus. Elle n'a pas eu peur du m\u00e9decin, mais moi j'ai eu peur. Le m\u00e9decin n'\u00e9tait pas tr\u00e8s gentil. Il lui faisait tr\u00e8s mal. Elle criait. Je la tenais dans mes bras, je ne pouvais pas la regarder. J'embrassais sa t\u00eate.<\/p>\n<p>\u201cLes m\u00e9dicaments sont chers. Je voulais aider mais je ne peux pas. J'ai eu honte. Je ne pouvais pas dormir parce que je ne pouvais pas les aider. J'\u00e9tais malheureuse, malheureuse. C'\u00e9tait comme pour ma fille. Imaginez une petite fille qui vous supplie et que vous ne pouvez pas aider\u201d.\u201d<\/p>\n<p>Depuis qu'il s'est install\u00e9 en Serbie, Fahad, ballerine de formation, s'est mis \u00e0 la salsa et a m\u00eame remport\u00e9 un championnat serbe en 2014. Les championnats du monde auront lieu en octobre, mais il ne pense pas \u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9 pour repr\u00e9senter la Serbie, car son travail de traduction l'emp\u00eache de s'entra\u00eener avec l'\u00e9quipe.<\/p>\n<p>\u201cJ'aimerais aller \u00e0 la Coupe du monde, mais aider les gens est plus important que tout\u201d, insiste-t-il.<\/p>\n<p>\u201cI love my story. I had a happy ending. But there are a lot of miserable stories out there. I thank ADRA for letting me help my people. I do this so my grandchildren will remember that I helped refugees and will be proud of me. If you want to live forever you have to do something in this world.\u201d<\/p>\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cIl n'y avait ni \u00e9lectricit\u00e9 ni eau. Je sors et je vois des morts, je vois des bombes. J'\u00e9tais \u00e0 l'\u00e9cole lorsqu'une bombe est tomb\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 et a souffl\u00e9 les fen\u00eatres de l'\u00e9cole. Il faut quelques secondes pour r\u00e9aliser ce qui se passe.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":27874,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_eb_attr":"","footnotes":""},"categories":[615,590],"tags":[1079,873,355,426],"class_list":["post-6238","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog","category-emergency","tag-crisis","tag-justice-compassion-love","tag-refugees","tag-volunteer"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6238"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6238\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46889,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6238\/revisions\/46889"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27874"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/adra.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}